La Croatie vient de dire "Oui" à l'Union européenne ! Oui! Alors qu'à l'intérieur les esprits chagrins et les adeptes du dénigrement et des renoncements sont à l'œuvre, à l'extérieur, l'Europe continue à faire rêver.
L'attente d'Europe est toujours aussi vive chez nos voisins et dans le monde. Lors de la mission que j'ai eu récemment la chance d'effectuer en Géorgie, j'ai été frappé de voir mêlées, dans le bureau du Président de la République, les couleurs nationales et européennes. Comme c'est évidemment le cas dans chacun de nos pays de l'Union… En Géorgie, l'Europe fait "bouger les lignes", comme elle devrait continuer à le faire chez nous…
Bien sûr, tout nouvel élargissement de l'Union pose problème au nouveau comme aux anciens membres. En réalité, il révèle nos difficultés et nos insuffisances. Simplement, nous ne devons jamais oublier que ces problèmes, ces difficultés et ces insuffisances sont nôtres. Comme l'Union que nous avons librement choisi de construire est nôtre! A nous donc de faire face à la crise avec toute la rigueur et l'ambition voulues, sachant que nous le ferons mieux ensemble.Et que nous progresserons plus clairement si notre démarche commune renoue avec l'esprit et le sens de la construction européenne, si nous retrouvons le pourquoi et si nous mesurons la portée de cette "aventure" inouïe dans l'histoire du monde.
La réconciliation franco-allemande apparaissait impossible? Elle est le ciment de l'Union.
En Croatie, la perspective de l'adhésion à l'Union relevait de l'utopie il y a seulement quinze ans? L'Etat de droit, la démocratie et les droits de l'homme ont, ici aussi, fini par triompher des haines, des violences et des totalitarismes. Il restait à régler un conflit frontalier avec la Slovénie? La volonté politique l'a emporté… Quel beau message d'Espérance est ainsi adressé aux autres peuples des Balkans ou du Caucase, aux Chypriotes ou aux Moldaves! Et ailleurs dans le monde…
Ce n'est pas en louvoyant de cap en cap que nous traiterons sérieusement et durablement les questions que nous pose la crise. C'est en revenant à l'essentiel.
L'Europe doit être, plus que jamais, notre "utopie", celle qui motivait Robert Schuman le 9 mai 1950 et qui nous a permis de nous mettre en marche. Celle qui portait nos amis d'Europe centrale et orientale alors qu'ils subissaient le joug soviétique. Celle qui finit par se réaliser à force de volonté politique, celle qui donne son sens à l'engagement politique.
(photo : gouv.fr)